Évolution du taux d'intermédiation financière en France (1994-2004)
Banque de France 23-02-2006
La mesure d'un taux d'intermédiation est un bon moyen de caractériser de manière synthétique l'importance du rôle du secteur financier dans l'économie et son positionnement face à l'essor de la finance de marché.
La Banque de France s'est, de longue date, attachée à mener ce genre d'exercice, tant pour ses besoins propres que pour répondre aux attentes de l'Université, en particulier dans le cadre des travaux menés au cours des années quatre-vingt-dix pour le compte du Conseil national du Crédit et du Titre (CNCT). Conformément à une recommandation formulée, en 2005, par le Conseil national de l'information statistique (CNIS), ces travaux ont été repris récemment à partir, cette fois-ci, des comptes financiers nationaux que la Banque de France établit et publie régulièrement. L'objet de cet article est d'en présenter les premiers résultats, en les mettant en perspective sur la décennie 1994-2004 et en y ajoutant des éléments de comparaison internationale. Ceux-ci témoignent d'un recul assez sensible du taux d'intermédiation financière sur cette période marquée par un fort développement des marchés de capitaux et un recours croissant des agents non financiers résidents aux financements désintermédiés.
Pour significative qu'elle puisse paraître, cette évolution mérite néanmoins d'être relativisée pour plusieurs séries de raisons. D'abord, parce qu'elle découle en fait largement du mouvement d'internationalisation des opérations de financement et de placement des institutions financières résidentes comme des financements de marché reçus par les agents non financiers. Ainsi, une part de plus en plus élevée de l'actif des institutions financières résidentes est détenue sur des non-résidents et une part croissante des financements reçus par les résidents provient du « reste du monde », et notamment des institutions financières non résidentes. Ensuite, parce que l'analyse de la formation des revenus des intermédiaires financiers tend à confirmer une transformation de leurs modes de tarification et un redéploiement de leur activité, deux évolutions structurelles contribuant à maintenir le rôle de ces acteurs dans l'économie nationale. Enfin, parce que le choix qui se présente aux agents non financiers ne se résume pas en une simple alternative entre crédits ou placements intermédiés et instruments de marché, si l'on en juge notamment par le rôle clé que les institutions financières continuent de remplir dans la mise en place des opérations d'émission de titres de leur clientèle d'entreprises sur les marchés de capitaux.
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