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  Economic News  

Zone euro : Bonnes perspectives de croissance, en 2004
ECB, 05-03-2004

Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à cette conférence de presse. Le vice-président et moi-même allons à présent vous faire part des conclusions de la réunion du Conseil des gouverneurs qui s'est tenue ce jour.

Dans l'ensemble, le Conseil des gouverneurs a confirmé son diagnostic précédent selon lequel les perspectives de stabilité des prix à moyen terme sont favorables. Dans ce contexte, nous avons estimé que l'orientation actuelle de la politique monétaire demeure appropriée. Par conséquent, les taux directeurs de la BCE ont été laissés inchangés à leurs bas niveaux. L'orientation de notre politique monétaire constitue un élément de soutien de la reprise économique dans la zone euro. Nous continuerons de suivre attentivement l'ensemble des évolutions susceptibles de remettre en cause notre évaluation des risques pesant sur la stabilité des prix à moyen terme.

Permettez-moi à présent de détailler notre analyse économique. Selon Eurostat, au quatrième trimestre 2003, le PIB en volume de la zone euro a progressé de 0,3 % en glissement trimestriel, après une croissance de 0,4 % au troisième trimestre. Ces données confirment qu'une reprise progressive de l'activité économique est intervenue dans la zone euro au second semestre 2003. Des indicateurs plus récents font également état d'une croissance économique modérée début 2004. Même si la croissance a été relativement modeste jusqu'à présent, les facteurs tant externes qu'internes donnent lieu de penser que la reprise se raffermira durant l'année 2004 et au-delà.

Sur le plan externe, toutes les indications récentes confirment que la croissance économique mondiale sera vigoureuse et concernera un grand nombre de régions du globe. Globalement, les exportations de la zone euro devraient progresser sensiblement cette année et en 2005.

Au plan intérieur, les conditions d'une reprise de la demande privée sont réunies et des signes de stabilisation de l'investissement sont apparus ces derniers mois. Selon Eurostat, la formation brute de capital fixe a de nouveau progressé au dernier trimestre 2003, après avoir enregistré un recul durant trois trimestres successifs. Les résultats des sociétés se sont généralement améliorés dans la zone euro, après une période prolongée de restructuration des bilans des entreprises intervenues ces dernières années. Les entreprises bénéficient à présent de conditions de financement très favorables dans la zone euro. Tous ces facteurs devraient favoriser la poursuite de la reprise de l'investissement.

Il y a également lieu de s'attendre à une augmentation progressive de la croissance de la consommation cette année, consécutive à l'atonie constatée l'an dernier. À court terme, la progression du revenu réel disponible sera alimentée par la baisse des prix des importations et par des réductions d'impôts, puis l'amélioration progressive de la situation du marché du travail devrait constituer par la suite un facteur supplémentaire de soutien de la croissance des revenus et de la confiance. La situation financière des ménages de la zone euro est saine, notamment par rapport à celle des ménages d'un certain nombre d'autres pays industrialisés, et aucun obstacle d'ordre financier ne s'oppose à un redressement de la consommation privée.

Pour toutes ces raisons, notre principal scénario, qui table sur une poursuite de la reprise progressive en 2004 et 2005, demeure valable. Cette opinion est conforme aux prévisions et projections disponibles, et transparaît également pour l'essentiel dans les évolutions intervenues sur les marchés financiers.

Nous considérons toujours que les risques qui entourent ce scénario sont globalement équilibrés. Toutefois, il existe des incertitudes liées à la consommation privée de la zone euro ainsi qu'aux déséquilibres persistants dans certaines régions du monde et à leurs répercussions possibles sur le caractère durable de la croissance économique mondiale.

En ce qui concerne les évolutions des prix, selon l'estimation rapide d'Eurostat, la hausse annuelle de l'IPCH est revenue à 1,6 % en février 2004, après 1,9 % en janvier. Cette diminution est due essentiellement à des effets de base liés aux prix de l'énergie, la forte hausse des cours du pétrole intervenue début 2003 disparaissant du calcul du taux de croissance annuel en février 2004. Au cours des prochains mois, on observera probablement une certaine instabilité des taux annuels d'inflation, principalement en raison de nouveaux effets de base liés aux prix de l'énergie ainsi qu'à l'alourdissement de la fiscalité indirecte. Par conséquent, les taux annuels d'inflation vont probablement recommencer à légèrement augmenter, de façon temporaire, au deuxième trimestre 2004.

Au-delà des fluctuations à court terme des composantes les plus volatiles de l'IPCH, l'inflation devrait se maintenir à des niveaux compatibles avec la stabilité des prix. À ce stade, nous n'observons guère de tensions sur l'inflation. Compte tenu de la nature progressive de la reprise économique prévue et du niveau élevé du chômage dans la zone euro, les évolutions salariales devraient rester modérées.

Même si notre analyse est conforme aux prévisions et projections disponibles, nous sommes conscients du caractère conditionnel de ces exercices. Nous continuerons donc de surveiller étroitement tous les indicateurs. Les anticipations d'inflation, en particulier, nécessitent un suivi attentif.

S'agissant de l'analyse monétaire, la croissance de M3 s'est modérée au cours des derniers mois. Toutefois, il semble que les agents économiques fassent preuve d'un certain attentisme pour opérer des arbitrages de portefeuille en faveur des actifs à long terme. À cet égard, le niveau relativement bas des taux d'intérêt continue de soutenir la demande d'actifs liquides. Il favorise également la progression des prêts au secteur privé.

Le degré élevé de liquidité dans la zone euro doit être évalué avec prudence. Ses effets sur l'inflation à moyen terme dépendront largement de l'ampleur et du rythme du futur retournement des arbitrages de portefeuille intervenus précédemment ainsi que de la vigueur de la croissance économique à l'avenir. Si cet excès de liquidité persistait, il pourrait donner lieu à des tensions inflationnistes.

En résumé, l'analyse économique continue d'indiquer que le scénario de référence concernant l'évolution des prix pour les années à venir va dans le sens de la stabilité des prix. Le recoupement avec l'analyse monétaire ne conduit pas à modifier ce diagnostic pour l'instant.

S'agissant des politiques budgétaires, nous avons pris note des efforts d'assainissement inscrits dans les programmes de stabilité. Néanmoins, la situation budgétaire demeure une source de préoccupation. Les efforts d'ajustement engagés par plusieurs pays sont, contrairement à leurs engagements, insuffisants pour atténuer le risque d'un déficit excessif. En outre, plusieurs pays ne prévoient pas de parvenir à une situation saine des finances publiques d'ici la fin de leur programme respectif, en dépit de perspectives de croissance favorables. On risque ainsi de commettre les mêmes erreurs de politique économique que lors de la dernière période de reprise : les efforts d'assainissement insuffisants et les réductions d'impôts non compensées par une baisse des dépenses publiques observés à l'époque avaient été à l'origine des difficultés budgétaires récentes.

Tous les pays tireraient avantage du renforcement de la soutenabilité de leurs finances publiques, tout particulièrement dans la phase ascendante attendue du cycle économique, en résorbant les déséquilibres au cours des prochaines années et en évitant ou en corrigeant sans délai les déficits excessifs. En outre, la mise en œuvre résolue de réformes structurelles de grande envergure, sur le plan des dépenses comme des recettes publiques, sera source de dividendes supplémentaires à moyen terme sous la forme d'une croissance renforcée et de finances publiques plus saines. Ces stratégies d'assainissement et de réformes sont nécessaires pour garantir un environnement macroéconomique satisfaisant dans la zone euro.

De nouvelles réformes structurelles sont également nécessaires, dans la zone euro, sur les marchés des capitaux, des biens et du travail. La Stratégie de Lisbonne fournit le cadre adéquat à la réalisation de progrès dans cette voie. Nous nous félicitons de ce que, lors de sa prochaine réunion de printemps, le Conseil européen entende imprimer un élan nouveau à l'agenda de Lisbonne, accélérer le rythme des réformes et renforcer l'efficacité du processus de décision. Les réformes structurelles profiteront considérablement aux citoyens de la zone euro. Ces réformes sont indispensables à une croissance soutenue et non inflationniste de l'activité et de l'emploi et sont, par conséquent, également importantes pour le maintien de la cohésion sociale sur le long terme.

La confiance des citoyens européens dans leur avenir est vitale pour renforcer la reprise économique et favoriser une croissance durable. Le Conseil des gouverneurs reconnaît que le niveau toujours faible de la confiance des consommateurs est lié aux incertitudes actuelles et notamment au débat portant sur le rythme approprié des réformes économiques dans de nombreux pays de la zone euro. Ce déficit de confiance est également lié en partie au fait que les perceptions des citoyens européens en matière d'inflation demeurent supérieures au niveau des indices officiels.

Le Conseil des gouverneurs constate que l'inflation est désormais revenue à un niveau compatible avec la stabilité des prix. Le public européen peut être assuré que nous sommes déterminés à préserver le pouvoir d'achat de notre monnaie dans les prochaines années et contribuer ainsi à renforcer la confiance en l'avenir. La stabilité des prix, ainsi que de nouvelles avancées dans la mise en œuvre des nécessaires réformes structurelles, sont essentielles pour conforter la confiance et créent les conditions propices à une hausse de la consommation et de l'investissement et, partant, à la croissance et la création d'emplois.

Nous sommes à présent à votre disposition pour répondre à vos questions.



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